Mémoires transgénérationnelles : quand notre histoire familiale résonne dans le corps
Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Il nous arrive parfois de ressentir une peur, une tristesse, un sentiment d’abandon ou une insécurité avec une intensité que nous avons du mal à expliquer.
Nous cherchons alors dans notre propre histoire : notre enfance, nos relations, les événements que nous avons vécus.
Mais parfois, cela ne suffit pas.
Et si certaines de nos réactions pouvaient aussi faire écho à une histoire familiale plus ancienne ?
C’est notamment ce que l’on explore lorsque l’on parle de mémoires transgénérationnelles.
Qu’appelle-t-on une mémoire transgénérationnelle ?
Le transgénérationnel s’intéresse à ce qui peut se transmettre d’une génération à une autre : des histoires familiales, des comportements, des façons de réagir, des non-dits, des peurs ou encore certaines blessures émotionnelles.
Un deuil, une séparation, un abandon, une guerre, une humiliation, une situation de manque ou un événement traumatisant peuvent profondément marquer une famille.
Les générations suivantes grandissent ensuite au sein de cette histoire, parfois sans même en connaître tous les événements.
Cela ne signifie pas que toutes nos difficultés viennent de nos ancêtres, ni qu’une émotion inexpliquée est nécessairement une mémoire familiale.
Mais parfois, regarder notre histoire familiale apporte une nouvelle clé de compréhension.
Et si notre corps portait aussi une partie de cette histoire?
C’est cette question qui occupe une place importante dans ma pratique.
Je travaille beaucoup à partir du corps et de mes ressentis.
Au cours d’une séance, une émotion, une sensation ou une zone corporelle peut attirer mon attention. Mon ressenti peut également m’orienter vers une personne de la famille : la mère, le père, une grand-mère, un grand-père…
Je propose alors cette direction à la personne que j’accompagne.
Je ne lui dis pas : « Voilà la cause de votre problème. »
Nous observons plutôt ensemble ce que cette piste provoque, ce qu’elle réveille et si elle trouve une résonance dans son histoire.
Parfois, elle ne provoque rien.
Et parfois, le corps réagit de manière étonnante.
Retour de séance : David* : une séance autour de l’abandon
David* avait 24 ans lorsqu’il est venu me voir.
Il traversait une période dépressive et supportait très difficilement les absences répétées de sa compagne, amenée à partir plusieurs semaines pour son travail.
La solitude était extrêmement difficile pour lui.
Lorsqu’elle revenait, il ressentait au contraire le besoin de rester constamment auprès d’elle.
David avait conscience de cette souffrance, mais ne comprenait pas pourquoi les séparations provoquaient chez lui une réaction aussi intense.
Nous sommes donc partis de ce sentiment d’abandon.
Une direction inattendue vers son histoire familiale
Pendant la séance, mon ressenti m’a orientée vers sa lignée maternelle et plus précisément vers une grand-mère décédée trois ans avant sa naissance.
Lorsque je lui en ai parlé, David m’a expliqué qu’il ne l’avait évidemment jamais connue et qu’il ne ressentait rien de particulier pour elle.
Et pourtant, pendant le travail corporel, une émotion est apparue. David m’a dit soudainement avoir envie de pleurer. Il ne comprenait pas pourquoi. Cette grand-mère n'avait pas fait partie de sa vie.
En échangeant ensuite autour de son histoire familiale, nous avons parlé du deuil vécu par sa mère après la perte de sa propre maman.
Je ne peux pas affirmer que ce deuil était la cause du sentiment d’abandon de David.
Mais cette direction a ouvert quelque chose pendant sa séance.
Et c’est précisément ainsi que j’aborde le travail transgénérationnel : non pas comme une vérité que j’impose, mais comme une piste que nous proposons au corps.
Libérer ne veut pas dire effacer son histoire
Lorsque je parle de libération des mémoires familiales ou transgénérationnelles, il ne s’agit pas d’effacer le passé.
Nous ne pouvons pas changer ce que nos parents ou nos grands-parents ont vécu.
Nous ne pouvons pas non plus réécrire notre propre enfance.
En revanche, nous pouvons essayer de regarder différemment ce que nous portons aujourd’hui.
Qu’est-ce qui m’appartient réellement ?
Qu’est-ce que j’ai appris dans ma famille ?
Qu’est-ce qui se répète ?
Pourquoi certaines situations provoquent-elles chez moi une réaction si forte ?
Le travail autour des mémoires transgénérationnelles peut alors devenir une manière d’explorer son histoire sans rester prisonnier de celle-ci.
Notre histoire familiale ne définit pas qui nous sommes
S’intéresser au transgénérationnel ne signifie pas chercher un responsable parmi nos parents ou nos ancêtres.
Nos parents ont eux-mêmes une histoire.
Leurs parents aussi.
Et parfois, certaines façons d’aimer, de se protéger, d’avoir peur, de se taire ou de survivre se répètent simplement parce qu’elles sont devenues familières au fil des générations.
En prendre conscience peut déjà permettre de porter un autre regard sur soi.
Puis, lorsque cela a du sens pour la personne, le travail corporel peut venir accompagner cette prise de conscience.
L’objectif n’est pas de vivre tourné vers le passé. C’est au contraire de pouvoir reprendre davantage de place dans sa propre histoire, aujourd’hui.
Comment se passe ce travail pendant une séance ?
Je ne sais jamais à l’avance si une séance nous conduira vers une mémoire familiale.
Nous partons toujours de ce que vous vivez aujourd’hui.
Une émotion. Une difficulté. Une répétition. Une sensation corporelle. Une situation que vous ne comprenez pas.
Puis j’écoute, je ressens et je vous propose différentes directions.
Parfois, l’histoire reste entièrement personnelle.
Parfois, elle nous conduit vers la famille.
Et parfois, une piste inattendue permet simplement de regarder autrement quelque chose que l’on porte depuis très longtemps.
Je ne vous explique pas d’où vient votre souffrance. Je vous propose des clés, et nous observons ensemble celles qui résonnent en vous.
Pour comprendre plus précisément le déroulement de mon accompagnement, vous pouvez également lire mon article « Une séance de libération émotionnelle avec moi : quand le corps nous donne une direction ».
Consultations à Paris 12e, à Leudeville en Essonne (91), ou en visio.
*Prénom modifié par souci de confidentialité.




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